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CKA : retour d'expérience sur la certification Kubernetes Administrator

J’utilise Kubernetes au quotidien depuis plusieurs années. J’ai monté des clusters, géré des pipelines GitOps, débuggé des pods à 2h du matin. Alors pourquoi passer le CKA plutôt que de simplement continuer à bosser ? Parce qu’il y a une différence entre utiliser Kubernetes et comprendre Kubernetes — et cet examen force à combler les lacunes.

Ce qu’est le CKA #

Le Certified Kubernetes Administrator est une certification pratique délivrée par la Linux Foundation et la CNCF. Pas de QCM, pas de questions théoriques à cocher : c’est deux heures de terminal, un vrai cluster Kubernetes, et une série de tâches à accomplir. On est évalué sur ce qu’on sait faire, pas sur ce qu’on sait réciter.

Le score minimum pour réussir est de 66%. Les tâches couvrent l’ensemble du périmètre d’un administrateur K8s.

Les domaines couverts #

L’examen se découpe en plusieurs domaines pondérés :

DomainePoids
Stockage10%
Troubleshooting30%
Architecture des workloads15%
Services & Networking20%
Gestion du cluster25%

Le troubleshooting représente à lui seul presque un tiers de l’examen. C’est le vrai test : pas besoin de connaître la documentation par cœur, il faut savoir diagnostiquer ce qui ne va pas et le corriger sous pression.

La préparation #

J’avais un avantage de départ : Kubernetes en production depuis plusieurs années. Mais l’examen couvre des aspects qu’on ne touche pas forcément au quotidien quand on travaille sur du Managed Kubernetes — la gestion du cluster lui-même, les certificats, etcd, kubeadm.

Ce qui m’a aidé #

  • La pratique régulière — avoir un vrai cluster sous les mains au quotidien reste la meilleure préparation. Savoir où chercher sans tâtonner dans la doc, ça se construit sur la durée.
  • killer.sh — l’environnement de simulation fourni avec l’examen. Deux sessions incluses dans le pass, nettement plus difficile que le vrai examen. Si tu passes killer.sh, tu passes le CKA.
  • La documentation officielle — l’examen autorise kubernetes.io/docs. Savoir naviguer rapidement dans la doc (recherche, signets) est une compétence en soi. Inutile de tout mémoriser, mais il faut savoir où aller vite.

Les points sur lesquels j’ai dû bosser #

  • kubeadm — initialiser un cluster, joindre un node, upgrader le control plane. Pas quelque chose qu’on fait souvent sur du MKS.
  • etcd backup/restore — la procédure exacte avec etcdctl, les flags, les chemins. Classique à l’examen.
  • Network Policies — le concept est simple, mais écrire les YAML correctement sous pression sans erreur, ça mérite de s’y entraîner.
  • RBAC — créer des ServiceAccounts, des Roles, des ClusterRoleBindings. Pas complexe, mais chronophage si on n’a pas les commandes en tête.

L’examen #

Deux heures. Environ 15 à 20 tâches de difficulté variable. Un browser avec accès à la documentation officielle Kubernetes, et c’est tout.

Quelques observations :

La gestion du temps est critique. Chaque tâche a un poids indiqué. Passer vingt minutes sur une tâche à 4% et louper deux tâches à 8% chacune, c’est une mauvaise stratégie. Je marquais les tâches complexes et j’y revenais en fin d’examen.

kubectl est ton meilleur ami. Les flags --dry-run=client -o yaml, kubectl explain, kubectl describe — les avoir en mémoire musculaire fait gagner un temps précieux.

L’environnement est multi-cluster. Chaque tâche précise sur quel cluster travailler. Oublier de faire le kubectl config use-context avant de commencer, c’est l’erreur classique qui coûte cher.

Copier-coller depuis la doc. Pour les YAML complexes (Network Policies, PersistentVolumes), je cherchais directement un exemple dans la documentation et j’adaptais. Plus rapide et moins risqué que d’écrire de mémoire.

Ce que ça change #

Honnêtement, le CKA n’a pas révolutionné ma façon de travailler au quotidien. Mais il a comblé des angles morts réels — notamment sur la couche cluster elle-même, que le Managed Kubernetes abstrait complètement. Comprendre ce qu’il se passe sous le capot change la lecture des incidents.

Il y a aussi un aspect plus pragmatique : c’est une certification reconnue dans l’industrie, portée par la CNCF. Elle valide une compétence de manière objective, indépendamment du contexte dans lequel on a acquis cette expérience.

La prochaine étape : le CKAD (Certified Kubernetes Application Developer), pour compléter avec la perspective développeur.

Conseils si tu te prépares #

  1. Pratique, pas lecture — les vidéos et les livres ne suffisent pas. Il faut des heures de terminal.
  2. Maîtrise les impérativeskubectl create deployment, kubectl expose, kubectl create role avec les bons flags. Le YAML à la main c’est lent.
  3. killer.sh obligatoire — fais les deux sessions, lis les corrections, comprends pourquoi tu as raté.
  4. Apprends à naviguer dans la doc — bookmarke les pages Network Policy, PV/PVC, kubeadm upgrade, etcd backup avant l’examen.
  5. Gère ton temps — note le poids de chaque tâche, commence par ce que tu maîtrises, reviens sur le complexe en fin d’examen.